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Les Fantômes d’Ismaël


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À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu…

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de Arnaud Desplechin, avec Mathieu Amalric, Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, 1h54, France
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Interview

Les Fantômes d’Ismaël

Arnaud Desplechin

« Le cinéma ça sert à ressusciter les morts »

Quelle formidable idée d’avoir choisi pour l’ouverture du festival un film du talentueux Arnaud Desplechin ! On reproche souvent au cinéma français d’être nombriliste et trop psychologique ; lui prouve que, nourri par une implication personnelle et une folle intelligence, ce cinéma-là est d’une grande finesse et profondeur émotionnelle.

Peut-on dire que Mathieu Amalric est votre alter ego et donc qu’Ismaël, son personnage qui est réalisateur, c’est vous ?
Ce sont des masques. Aujourd’hui avec Mathieu, je ne sais plus ce qui lui appartient et ce qui m’appartient, qui a inventé ceci ou cela… C’est quelque chose qu’on a en partage, des déguisements. La quantité d’alcool qu’Ismaël absorbe, ça, ce n’est pas possible pour moi avec mon travail. Je n’ai pas la santé qu’il a, j’ai peur des armes à feu et m’enfuir d’un tournage, ça ne fait pas partie de mon tempérament. En fait, je me déguise pour vous amuser mais sans doute que j’en révèle plus que je ne crois.

Carlotta, est-ce une référence à Vertigo ?
C’est un mythe : elle sort des eaux, elle arrive de nulle part. Elle arrive de l’histoire du cinéma. Le cinéma ça sert à ressusciter les morts. Mais, et c’était très profond entre Marion (Cotillard) et moi, qu’elle ne la joue jamais comme un mythe mais toujours comme une vraie femme. Je savais qu’elle ferait descendre la statue de son piédestal et la montrerait telle qu’elle est, réellement.

Pourquoi lui avoir opposé Charlotte Gainsbourg ?
Leur art est si différent que ça me fascinait de les réunir. C’était comme mettre deux planètes dans le même cadre. Et Gainsbourg avait quelque chose qui m’était très précieux pour le rôle de Sylvia. Sylvia s’empêche de vivre, c’est le feu sous la cendre, et Charlotte, elle a ce feu, cette puissance-là.

Est-ce votre film le plus apaisé ?
Les 3 souvenirs, mon précédent film, était un éloge de la nostalgie avec un personnage renfermé sur lui-même pour préserver le passé. Là, tous mes personnages laissent le passé derrière, il faut qu’ils avancent. Comme le dit Sylvia : « La vie leur est arrivée », imparfaite, gauche, pas comme ils l’attendaient, mais elle leur est arrivée.

Propos recueillis par Laurence Kempf
L'avis de la rédaction

Les Fantômes d’Ismaël

Le pitch ? C’est l’histoire d’Ismaël, du film qu’il tente de réaliser et de ses amours, entre Sylvia, sa nouvelle compagne, et le retour de Carlotta, la femme qui a lui a brisé le cœur…
Verdict Arnaud Desplechin s’amuse dans un film en forme de puzzle, volage et joueur, plus apaisé qu’à son habitude. Un film de fragments de fiction, entre imaginaire et réel, qui s’inspire du cinéma et de ses propres films à travers une muse aux visages multiples, amoureuse, actrice ou fatale. Mais c'est un film qui s’interroge aussi sur comment concilier la joie d’aimer et d’être aimé avec un art qui, lui, se nourrit de nos blessures et de nos manques.

L.K
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