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Fantastique

La Forme de l'eau - The Shape of Water

La Forme de l'eau - The Shape of Water Fantastique
La Forme de l'eau - The Shape of Water Fantastique
La Forme de l'eau - The Shape of Water Fantastique

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…
De Guillermo del Toro, avec Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins, 2h03, USA

Horaires du 12 au 18 Décembre

L'interview

L'interview

Guillermo Del Toro : « Aimer l’autre tel qu’il est. »

Guillermo del Toro affirme à nouveau un univers inspiré par sa passion cinéphile, le conte et le fantastique. Noir et romantique, imaginaire et politique, sensible et prenant, La Forme de l’eau, le favori des Oscars, enchante par sa distribution et sa mise en scène.

Qu’est ce qui vous plaît dans les films de monstres ?
Je me suis toujours identifié aux monstres. Frankenstein, c’est la figure de Jésus qui souffre pour nos péchés, la Créature du lac noir, un dieu marin élémentaire… et la dualité Jeckyll/Hyde me fascine. J’ai vécu une enfance catholique. Lorsque les Espagnols sont venus au Mexique, il y a eu un mélange des mythes indigènes et des croyances catholiques. Moi, j’ai fusionné mes dogmes chrétiens avec mon amour des monstres. Ils sont devenus comme des anges, des créatures spirituelles.

Dans vos films, le vrai monstre, n’est-ce pas l’humain ?
Je fais une différence entre les créatures pour lesquelles j’ai de l’empathie et les monstres qui, dans mon cinéma, sont toujours humains. Ils se révèlent peu à peu, par des yeux rouges dans Le Labyrinthe de Pan, un nez cassé dans L’échine du diable ou ici avec les doigts qui pourrissent. Strickland, c’est le vrai méchant. Il est prêt à tuer ou torturer pour réaliser son rêve américain pavillonnaire à la Ken et Barbie.

La Belle et la Bête a-t-elle été une source d’inspiration?
La Belle et la Bête, c’est un peu trop beau. La bête devient un prince. L’essence de l’amour, ce n’est pas le changement mais au contraire aimer l’autre tel qu’il est. Mes personnages ont leur beauté propre. Elle est un être sexué et lui n’est pas un prince. Il mange le chat, les doigts, mais il a quelque chose de magnifié, une sorte d’équilibre entre l’animal et l’humain.

Mais ça reste un conte de fée pour adultes… ?
J’ai fait dix films et neuf de ces films se réfèrent à mon enfance. Ils parlent de perte, de nostalgie. Pour beaucoup, il est plus facile d’avoir de la considération pour l’art quand il est sombre. Dans certains cercles, c’est même un signe d’intelligence. Ne pas croire en l’amour fait de vous un philosophe alors que l’inverse vous fait passer pour un crétin. Mais il y a plus de risques à croire aux émotions. Ce film est une affirmation de la force vitale. C’est mon premier film d’adulte. Il montre mon amour de la vie, mon amour de l’amour et aussi mon amour du cinéma.



propos recueillis par Laurence Kempf
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