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Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam, vécue comme une intervention néocoloniale, et la ségrégation raciale nourrissent la contestation. À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale.

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de Kathryn Bigelow, avec John Boyega, Will Poulter, Algee Smith, 2h23, USA
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Interview

Detroit

KATHRYN BIGELOW

« Le mot clé, c’est intégrité. »

Révélée avec le film culte Point Break, Kathryn Bigelow est devenue la première réalisatrice oscarisée avec Démineurs en 2010. Après Zero Dark Thirty, elle s’engage sur un nouveau terrain conflictuel au cœur du chaos des émeutes de Detroit en 1967. Une œuvre intense, tendue et implacable, qui ausculte le passé pour mieux cerner le présent.

Était-ce difficile d’enquêter sur les événements de Detroit?
Nous n’avons pas vraiment rencontré de résistance. Tout ce qui s’est passé à Detroit était bien documenté. En revanche, ce qui s’est passé à l’Algiers Motel était moins connu.

Quelles questions se pose-t-on pour rendre compte d’une enquête dans une fiction ?
C’est une approche délicate. Le mot clé, c’est intégrité. L’authenticité, la vérité, le respect des gens et des événements sont essentiels. On a passé beaucoup de temps avec les survivants et c’était important de les honorer, comme ceux qui étaient morts.

Par moments, le film est presque horrifique, était-ce volontaire ?
Je voulais que le spectateur soit confronté à cette brutalité, qu’il se dise : « ce n’est pas moi, je ne peux pas laisser faire ça, je ne laisserai jamais faire ça ». Mais les faits réels sont encore plus horribles que ce que je filme.

L’Amérique a-t-elle changé depuis les événements de Detroit ?
Lorsqu’Obama a été élu, j’étais fière d’être américaine et puis il y a eu Trump. On revient en arrière. C’est décourageant et rageant. Chaque contribution pour l’égalité des chances, pour cesser les divisions culturelles et raciales, si infime soit-elle, est nécessaire.

Faire un film, est-ce devenu un acte d’engagement ?
Je choisis des thèmes qui me sont chers. Démineurs, c’était un engagement très contesté en Amérique mais c'était pour moi une question éthique et morale. Même chose pour Zero Dark Thirty. Détroit, ça s’est passé il y a 50 ans, mais l’affaire Ferguson a montré que c’est encore une réalité aujourd’hui. J’ai décidé de saisir toute occasion de lutter contre l’idée de la suprématie blanche, du racisme institutionnalisé. Faire des films permet de toucher un large public. Le cinéma est pour moi une forme d’activisme.

Propos recueillis par Laurence Kempf
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